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8h30 > 9h

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Nous aurons le plaisir de vous accueillir dès 8h30.
À cette occasion, nous vous donnerons votre badge personnalisé et un espace petit-déjeuner sera mis à votre disposition (café, thé, biscuits).
Pour un plus grand confort d’organisation, nous vous conseillons d’arriver dans cette tranche horaire, entre 8h30 et 9h.


9h > 12h30 - LA RUINE : VALEURS, ENJEUX, ÉVOLUTIONS

Témoin fragile du temps, la ruine se situe à la frontière entre mémoire et disparition. L’interroger, la documenter et la restaurer permet d’éclairer les multiples façons dont les sociétés choisissent de préserver et de transmettre leurs traces.


9h – MOT D’OUVERTURE DU SIPPA 2026

Caroline Botbol, Présidente du Pôle Culture et Patrimoines

9h15 - Une histoire universelle des ruines

Alain Schnapp, historien, archéologue, professeur émérite Paris I

Il n’existe pas plus d’hommes sans mémoire que de sociétés sans ruines.

Massives ou discrètes, inaltérables ou fragiles, les ruines font partie de notre environnement, elles conditionnent une part de notre action et de nos comportements sans parfois que nous en ayons connaissance. Elles sont un pont instable et constamment restauré entre la mémoire et l’oubli. Certaines sociétés comme l’Égypte ancienne confient à des monuments gigantesques et à des inscriptions imposantes la mémoire de leurs souverains, d’autres préfèrent pactiser avec le temps, comme les Mésopotamiens conscients de la vulnérabilité de leurs palais de briques crues qui préféraient enterrer dans le sol les briques de fondation porteuses d’inscriptions commémoratives. D’autres, comme les Japonais du sanctuaire d’Isé, vont encore plus loin en détruisant puis en reconstruisant à l’identique, en un cycle infini, leurs légères architectures de bois et de chaume.

Le but de cet exposé est de cerner le rapport au passé des sociétés les plus diverses de la préhistoire au monde contemporain. Il vise à élucider le rapport indissoluble que chaque civilisation entretient avec le passé. Certaines civilisations confient à des monuments gigantesques le soin de perpétuer le souvenir, d’autres, comme les poètes de la Grèce ancienne ou ceux des déserts d’Arabie, les bardes du monde celtique ou scandinave, font plus confiance à la magie de l’élan poétique pour conserver la mémoire de ce qui est advenu. C’est cette tension entre matériel et immatériel, nature et culture, mémoire et oubli, qui fait le cœur de cette recherche.

Peinture : Herman Posthumus  Paysage avec ruines antiques

10h - Évanescence et administration. La ruine monument historique

Mathilde Labatut, conservatrice régionale adjointe des monuments historiques, Drac Provence-Alpes-Côte d’Azur

Géraud Buffa, conservateur des monuments historiques, Drac Provence-Alpes-Côte d’Azur

La conservation des ruines se développe notamment au moment où se met en place en France l’administration des monuments historiques. En presque deux siècles, l’approche de ces objets patrimoniaux spécifiques a fortement évolué.

Étrangère aux pratiques habituelles des monuments historiques qui entendent maintenir un usage pour les édifices protégés, la ruine pose des questions très variées en matière de programme et de techniques de restauration.

Ces questions illustrent tout aussi bien le va-et-vient un peu flottant entre les impératifs de conservation matérielle et la préservation du caractère fragile du monument qui s’étiole, que les évolutions du sens patrimonial donné à un édifice menacé d’effacement, alors que son environnement paysager fait souvent l’objet d’une prise en compte toujours plus aboutie.

11h - Comment documenter la ruine ?

Sophie Piot, historienne de l’architecture – chargée d’études du patrimoine bâti

Documenter la ruine, c’est interroger à la fois ce qui subsiste et ce qui a disparu.
À partir des sources d’archives et de l’observation du bâti, l’enquête historique permet de restituer les états antérieurs d’un édifice, de comprendre ses transformations et d’identifier les traces encore lisibles dans la matière.

Prix-faits (contrats de travaux), actes notariés, inventaires, baux, plans, cadastres anciens, dessins, photographies ou vues aériennes constituent autant de sources permettant d’approcher la ruine autrement que par son état présent. Certains documents décrivent des bâtiments aujourd’hui disparus, des travaux dont il ne reste plus de traces visibles, ou au contraire des aménagements dont les vestiges matériels peuvent encore être interprétés.

Cette intervention propose d’aborder la ruine comme un objet d’enquête historique : non comme une simple absence, mais comme un état résultant d’une histoire longue, faite d’usages, de transformations, d’abandons, de destructions et de survivances.

11h30 - De la dévastation à la renaissance, un objet mobilier peut-il être considéré comme ruine ?

Sandrine & Benoit Coignard – restaurateurs du patrimoine
Hatem Drissi, conservateur de sculptures, responsable de la collection lapidaire du musée de Carthage, INP de Tunis

Tandis qu’à Trinquetaille un incendie ravageait une villa et réduisait en miette une statue impériale, sur la Colline de Byrsa à Carthage, la destruction d’un arc de triomphe romain réduisit à l’état de fragments un ensemble de Victoires.

Des deux rives de la Méditerranée, une même pratique de la recherche, de la restauration et de la simulation informatique préalable en permet la renaissance.

Crédit : R. Benali


12h > 12h30 - ÉCHANGES AVEC LE PUBLIC

Tous les intervenants de la matinée répondent aux questions et réagissent aux remarques du public

REPAS PAYANT POSSIBLE SUR PLACE / SUR RÉSERVATION lors de votre inscription en ligne


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